Gaspillage

Quel est le lien entre l’agriculture biologique et le gaspillage alimentaire ? 


Le développement de l’agriculture biologique et la diminution du gaspillage alimentaire sont deux actions complémentaires. Les deux s’inscrivent dans une démarche de consommation responsable, durable, respectueuse de l’environnement et des Hommes.

Aujourd’hui, pour vivre correctement, un être humain doit disposer en moyenne de 200 kg « équivalent Céréales » (c’est un système pondéré d’unité de conversion). Or la production mondiale est de 330 kg éq céréales par humain et par an. Ainsi 30% de la production mondiale est « gaspillée ».

De plus, une personne sur six souffre de la faim : cela est totalement contradictoire. Outre l’accès inégal à la nourriture à l’échelle de la planète, une partie significative des produits alimentaires est gaspillée et perdue, notamment dans les pays développés.

En France, selon l’ADEME, chaque habitant gaspille environ 20 kg de nourriture par an : restes de repas, produits entamés ou abimés, portions trop grosses. Et si l’on inclut les données de l’amont, le gaspillage total est estimé à 40% de la production alimentaire : produits non vendus, périmés, pertes de production, mauvaise gestion des stocks, fruits et légumes non calibrés.

Tout cela a, bien sûr, un impact environnemental, économique et social.
 
  • Environnemental, car une partie des ressources naturelles est finalement utilisée pour rien. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées aux déchets de nourriture sont aussi élevées : un repas est équivalent à 3 kg de GES !
 
  • Economique car le gaspillage alimentaire induit des dépenses inutiles. En jetant moins, on ferait tous des économies, à toutes les échelles. En Belgique, on jetterait l’équivalent de 174 € /an par ménage, sans compter le coût du traitement des déchets, les pertes pour les collectivités qui gèrent le service de restauration ou les coûts cachés des productions non durables…
 
  • Social car le gaspillage alimentaire va de pair avec des enjeux éthiques. Nous pouvons replacer toutes les données dans la perspective de crise alimentaire mondiale ainsi que dans le contexte social spécifique de chaque pays. En France, ce sont 3 millions de personnes qui auraient recours à une aide alimentaire (réf Observatoire des Inégalités). Et comment ne pas se questionner, en plus, sur le sens du travail des producteurs comme des cuisiniers quand les produits sont destinés à la poubelle ?

Lutter contre le gaspillage alimentaire et développer l’agriculture biologique pour assurer la qualité alimentaire des produits que l’on consomme.

Les causes et les conséquences du gaspillage alimentaire sont donc nombreuses. Elles amènent à réfléchir à notre rapport à l’alimentation, à la consommation et particulièrement à la valeur et à la qualité que l’on accorde aux produits que l’on consomme. Tout comme l’agriculture biologique !

Ce mode de production respecte la biodiversité et préserve les ressources naturelles : l’eau, le sol et l’air. Produire selon un cahier des charges strict qui protège nos ressources est bien plus économique. Par exemple, à Munich, la ville a fortement incité au développement de l’agriculture biologique, ce qui est 20 fois moins couteux pour la collectivité que de traiter les eaux polluées.

Les produits bio ont un impact positif à la fois sur la santé des producteurs, puisqu’ils ne respirent pas au quotidien les produits de traitement,et aussi des consommateurs. Il y a, en effet,  moins de résidus de pesticides dans les fruits et légumes et leur valeur nutritionnelle est plus élevée, comme le montre de récentes études (plus de vitamines et d’antioxydants)*.

En terme de dynamique économique et sociale, l’agriculture biologique génère 33 % d’emplois non délocalisables de plus que les autres types d’agriculture.
L’agriculture biologique est donc bien garante de la qualité globale des produits tout comme la maitrise du gaspillage alimentaire. On voit bien là, que la notion de qualité englobe de multiples paramètres : la santé, l’alimentation, l’environnement, les problématiques sociétales , etc

En conclusion, les économies induites par la réduction du gaspillage alimentaire peuvent permettre de développer l’AB, le tout s’inscrivant dans une démarche de consommation responsable, durable et respectueuse.
 
 
*Références : méta-analyses de l’Université de Newcastle (British Journal of Nutrition)